GOAT. Rêver plus haut : le film d’animation qui surprend tout le monde
Personne ne l’attendait vraiment au tournant. Un film d’animation sur un bouc basketteur dans une ligue professionnelle animale ? Sur le papier, GOAT. Rêver plus haut ressemblait à ces productions familiales sympathiques, calibrées pour un week-end, puis oubliées dès la semaine suivante. Et pourtant, le long-métrage signé Sony Pictures Animation réussit à transformer ce concept improbable en véritable fresque sportive et sociale, à la fois spectaculaire et touchante.
Sommaire
Une success story qui dépasse les clichés
Derrière le jeu de mots du titre — « goat » (chèvre) et « GOAT » (Greatest Of All Time) — se cache l’histoire de Will Harris, un jeune bouc passionné de « roarball », variante animale du basket. Son rêve : intégrer la ligue professionnelle, dominée par des athlètes de grande taille.
Will devient ainsi le premier joueur de petit gabarit à intégrer cette élite. Un récit de dépassement de soi classique ? Oui. Mais GOAT. Rêver plus haut parvient à lui donner une énergie singulière grâce à son univers et à ses personnages.
En version originale, Will est interprété par Caleb McLaughlin, révélé dans Stranger Things. À ses côtés, la panthère Jett Fillmore — superstar du championnat — est doublée par Gabrielle Union. Quant à la production, elle peut compter sur un soutien de poids : Stephen Curry, star des Golden State Warriors, prête sa voix à Lenny la girafe et coproduit le film.
Un univers visuel qui marque les esprits
Là où le film surprend le plus, c’est dans sa direction artistique. La ville de Vineland City, théâtre de l’intrigue, fusionne jungle luxuriante et urbanisme contemporain. Les quartiers populaires ressemblent à une forêt bétonnée vibrante, texturée en 3D, où chaque détail donne de la matière à l’image.
Les matchs de roarball sont un autre terrain d’expérimentation. Le parquet change d’apparence selon l’équipe qui reçoit : glace instable, terrain enflammé, lianes mouvantes… Chaque confrontation devient un spectacle visuel digne d’un blockbuster d’action.
Le studio avait déjà prouvé sa capacité à repousser les limites du médium avec Spider-Man: Across the Spider-Verse et plus récemment avec KPop Demon Hunters. Ici encore, l’animation sert le propos : chaque espèce animale possède des atouts physiques adaptés à son anatomie, rendant la compétition inventive et crédible.
Une ode à la culture basket… et à la culture hip-hop
Le réalisateur Tyree Dillihay, connu pour son travail sur Bob’s Burgers et Good Times, imprègne le film d’une atmosphère profondément ancrée dans la culture urbaine.
Trash-talking sur les playgrounds, sneakers devenues objets de spéculation, ferveur communautaire autour des matchs amateurs : GOAT capture l’essence du basket de rue et l’élève au rang d’épopée moderne. La bande-son et l’esthétique visuelle flirtent ouvertement avec la culture hip-hop, donnant au film une identité forte et cohérente.
Au-delà du rêve, la pression du star-system
Si Will incarne la montée fulgurante vers la gloire, le personnage le plus fascinant reste peut-être Jett Fillmore. La panthère noire, idole du championnat, voit sa carrière décliner. À travers elle, le film aborde des thèmes rarement explorés avec autant de finesse dans une production familiale : la pression médiatique, l’usure mentale des champions et la cruauté d’un système qui idolâtre puis oublie.
Le film pose aussi une question : que doit un joueur à sa communauté ? À ses supporters ? À lui-même ?
Un film d’animation à ne pas sous-estimer
GOAT. Rêver plus haut réussit là où beaucoup échouent : transformer un pitch amusant en expérience marquante. Rythmé, généreux et visuellement audacieux, le film embrasse pleinement son statut de success story à l’américaine tout en y injectant une réflexion sur l’identité, la célébrité et l’héritage.
Une surprise qui pourrait bien devenir l’un des films d’animation sportifs les plus commentés de l’année.


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