TEST : Code Vein II impressionne par son contenu, mais peine à tout maîtriser
Code Vein II : trop plein d’idées, trop peu de retenue ?
Sommaire
S’il y a bien un crime impardonnable pour un jeu vidéo, c’est l’indifférence. Être tiède. Inoffensif. Oubliable. Bonne nouvelle : Code Vein II n’a clairement pas ce problème. Mauvaise nouvelle : à vouloir tout faire, tout dire et tout montrer, le jeu finit parfois par s’emmêler les crocs.
Suite directe et plus ambitieuse du premier épisode, Code Vein II voit grand. Très grand. Narration dense, combats nerveux mais punitifs, systèmes de progression tentaculaires, immense carte semi-ouverte, compagnons omniprésents… le jeu déborde de contenu et d’intentions. Reste une question centrale : est-ce que tout fonctionne ensemble ? Pas toujours. Mais impossible de nier la générosité de la proposition.
🧛 Dark Souls, mais avec des vampires et des paradoxes temporels
L’univers de Code Vein II adore les concepts… parfois un peu trop. Chronologie éclatée, événements majeurs aux noms grandiloquents, jargon spécifique à mémoriser : le récit demande un réel investissement. Heureusement, le Codex extrêmement bien fichu aide à recoller les morceaux.
Le pitch ? Un monde au bord de l’extinction, des Revenants (des vampires héroïques) emprisonnés depuis le Renversement, et une Résurgence qui transforme les humains en monstres. Pour éviter l’effondrement total, il faudra voyager dans le temps, rencontrer ces héros du passé, comprendre leurs tragédies… puis parfois les affronter.
Et c’est là que le jeu brille le plus. Les histoires individuelles des héros sont fortes, souvent sombres, parfois dérangeantes. Suicide, euthanasie, censure, culpabilité : Code Vein II n’hésite pas à plonger dans des thèmes lourds, avec une vraie volonté de nuance. On s’attache vite à ces personnages, et découvrir leur vérité devient l’un des moteurs principaux de l’aventure.
La trame globale, en revanche, convainc moins. Malgré de bonnes idées, le récit de fin du monde peine à maintenir sa clarté jusqu’au bout. Le final, très solennel, se révèle confus, même après plusieurs dizaines d’heures passées dans cet univers. Ambitieux, oui. Trop chargé, aussi.
👫 Jamais seul face à l’enfer
Grosse différence avec beaucoup de souls-like : Code Vein II se joue en duo. En permanence. Votre allié n’est pas un gadget, mais un pilier du gameplay. Il attaque efficacement, attire l’attention des ennemis, génère des ressources, vous relève quand vous tombez… et rend l’exploration bien moins anxiogène.
Avancer à deux dans une zone inconnue, tester un boss intimidant, tenter une nouvelle approche : tout devient plus fluide, plus accessible, sans jamais annihiler la difficulté. Une excellente idée, qui rend le genre plus accueillant sans le dénaturer.
⚔️ Une liberté grisante… parfois étouffante
Armes, formas, codes sanguins, cages, affinités, buffs, surcharges… Code Vein II adore la personnalisation. Et vous aussi, probablement, au moins au début. Chaque arme possède ses spécificités, chaque code sanguin redéfinit vos statistiques, et changer complètement de build entre deux boss est non seulement possible, mais encouragé.
Un ennemi trop rapide ? Passez en corps-à-corps défensif. Un boss insaisissable ? Allongez la portée, adaptez vos compétences. Cette flexibilité est l’un des plus gros points forts du jeu, et pousse à expérimenter sans cesse.
Mais à force d’empiler les systèmes, certains finissent par paraître accessoires, voire superflus. La nourriture, certaines modifications d’armes ou mécaniques secondaires sont faciles à ignorer sans réelle conséquence. Trop d’options tue parfois la lisibilité.
😤 Des combats aussi grisants que frustrants
Manette en main, Code Vein II est nerveux, réactif, satisfaisant… mais aussi cruel. Très cruel. Les ennemis adorent les coups à retardement, les feintes sournoises, les attaques pensées pour casser votre timing d’esquive. C’est voulu. C’est maîtrisable. Mais ça frôle parfois la mauvaise foi.
S’adapter, apprendre, triompher procure une vraie montée d’adrénaline. Mais certaines situations donnent surtout l’impression que le jeu ne veut pas vous laisser respirer. Frustrant ? Oui. Marquant ? Clairement. En tout cas, impossible de rester neutre.
🗺️ Une Frontière immense, mais inégale
La Frontière sert de gigantesque terrain de jeu : camps, donjons, bases ennemies, quêtes secondaires, boss optionnels… la boucle fonctionne bien, même si la carte paraît parfois trop grande par rapport à la densité réelle de ses points d’intérêt.
La moto, principal moyen de déplacement, déçoit franchement : rigide, fragile et peu agréable à manier. Dommage. Autre occasion manquée : le voyage temporel, pourtant central dans le récit, aurait mérité des variations plus marquées entre passé et présent.
Visuellement, le monde est cohérent mais monotone : ruines grises, architectures répétitives, ambiance morne. Le contraste avec les personnages ultra-stylisés, très “anime”, est déroutant. Ajoutez à cela des soucis techniques (textures tardives, artefacts, baisses de framerate), et l’immersion en prend parfois un coup.
🎮 Bilan du test
Code Vein II est un jeu qui déborde. D’idées, de systèmes, d’ambition. Et c’est à la fois sa plus grande force… et sa plus grande faiblesse. Tout n’est pas parfaitement maîtrisé, tout ne s’emboîte pas comme prévu, mais l’ensemble reste riche, dense et engageant.
Si vous aimez expérimenter, bidouiller des builds, accepter une difficulté parfois injuste mais stimulante, et plonger dans un univers sombre et tragique, Code Vein II a énormément à offrir. Il ne devient pas le chef-d’œuvre qu’il ambitionne d’être, mais il laisse une empreinte. Et dans un genre saturé, c’est déjà beaucoup.


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